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Introduction du groupe socialiste, radical et divers gauche
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Permettez-moi d’abord d’excuser quelques collègues dont l’absence s’explique uniquement par le changement des dates de cette session. Nous voilà donc réunis, un peu plus d’un an après le début de ce qu’on a l’habitude d’appeler la crise. Il y a un an, dans cette même salle, nous parlions d’une période troublée pour nos concitoyens, période faite d’inquiétudes et de réalités menaçantes. Ces réalités sont encore un peu plus présentes aujourd’hui. Le chômage grandit chaque jour, dans les rapports qui nous sont soumis on cite le chiffre des salariés licenciés pour motif économique en Maine en Loire en progression de 217,3% sur les sept premiers mois de l’année comparés à + 140 % en France.
Mais au-delà du chômage c’est maintenant de manière lourde et continue que la précarité et les pauvretés s’installent durablement sur nos territoires : 5309 ménages avaient bénéficié de l’aide FSL au 31/10/09 soit une augmentation de 30% par rapport à 2008. Les allocataires percevant le RSA étant eux en augmentation de 6,9% entre juillet et Octobre de cette année. Derrière ces chiffres, ce sont évidemment des hommes et des femmes en difficulté qui souffrent et ce sont sur un autre plan les politiques menées qui sont interrogées. Comme le disait récemment un éditorialiste, il semble bien que la crise continue, mais d’une manière plus insidieuse, plus dangereuse. On s’habitue à tous ces pauvres qui ne sont plus « nouveaux », comme on le disait il y a quatre ou cinq ans. On les croise quotidiennement dans la rue, toujours plus nombreux…
Dans un contexte international marqué par l’échec de Copenhague et l’incapacité actuelle des pays à se mettre d’accord pour dégager des moyens pour la survie de l’humanité, nous cherchons à notre niveau à développer des solidarités, en s’appuyant sur nos missions qui sont justement celles qui peuvent donner du sens à travers les compétences exercées par le Conseil Général, des compétences qui répondent concrètement aux besoins de la population. Mais, nous le savons tous ici, pour assumer correctement nos compétences, nous avons besoin d’un ETAT fort, qui aide les territoires dans leurs ambitions de développement, qui s’appuie sur eux pour réduire les inégalités et qui donnent les moyens d’agir localement. C’était bien le sens des lois de décentralisation qui ont prouvé leur efficacité. Le mouvement engagé aurait du continuer. Or, avec les projets de la réforme des collectivités du gouvernement, c’est une « recentralisation » qui est en route et qui ne permettra pas de répondre aux nombreux défis. Car en même temps, les moyens d’ETAT diminuent partout, les dotations versées aux collectivités continuent de s’assécher. Par exemple, en 2008, l’ETAT versait au département une dotation qui prenait en compte l’inflation+ une part de croissance, en 2009 la dotation était limitée à la progression de l’inflation en intégrant le FCTVA et pour 2010 il nous est annoncé la moitié de l’inflation prévisionnelle (0,6%). Il y a donc de moins en moins de moyens venant de l’ETAT et parallèlement une réforme des ressources fiscales avec la suppression de la Taxe professionnelle qui au final diminuera considérablement l’autonomie fiscale dont nous disposerons. Nous avons largement dénoncé cet ETAT lors du débat d’orientations budgétaires, un ETAT qui s’appauvrit et qui emmène les collectivités avec lui dans le mur. Notre responsabilité est d’agir malgré ce contexte défavorable, de dégager ensemble les meilleurs choix en fonction de nos valeurs et non des peurs qui montent ou que certains veulent agiter. Dans une telle période de crise, nous devons nous interroger encore plus que d’habitude sur nos orientations, sur nos priorités. Par exemple ; nous avons voté un plan de relance d’un million d’euros en mars dernier, a-t-il été utilisé, à quoi et à qui a-t-il servi ? Peut-on faire d’autres efforts, en direction de qui ? Vous nous faites dans cette session des propositions de schémas départementaux, pour l’aide aux territoires, pour les déplacements, la culture, les équipements sportifs mais également une charte pour l’environnement et le développement durable. Plusieurs des collègues de notre groupe auront bon nombre de questions et de propositions à faire tout au long de ces trois jours, comme également sur l’action sociale. Car cette session est à la fois l’occasion de faire un bilan des actions menées mais aussi celle de tracer des perspectives, en précisant les priorités que l’on poursuit, les exclusions que l’on rejette. Nos choix ne seront pas forcément les vôtres Monsieur le Président, ils ne se veulent pas une lettre au Père Noël mais bien des signes d’espoir pour nos concitoyens qui en ont besoin.
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